GAMES2GROW n°4

L'INTERVIEW

L'interview de Tars, joueur Hearthstone à Solary

Ses réponses à nos questions

Peux-tu te présenter et expliquer ton parcours sur Hearthstone ?

Je suis Tars, joueur Hearthstone et streameur chez Solary.

Depuis combien de temps tu joues à Hearthstone ?

J’ai commencé à la sortie du jeu en 2014.

Depuis quand est-ce que tu fais de la compétition sur le jeu ?

J’ai gagné mon premier cashprize un peu par hasard lors d’un tournoi inter-écoles fin 2014. A partir de là, j’ai commencé à m’entraîner, quelques mois plus tard je remportais la Dreamhack France. L’année d’après, je remportais la qualification aux phases finales des championnats d’Europe.

Selon toi, quelles soft skills sont mobilisées dans le jeu et au travers de la compétition ?

Le mental joue beaucoup, c’est important de rester motivé et concentré même en cas de malchance sur une partie ou une session de jeu. Je trouve qu’il faut aussi développer une certaine humilité et une ouverture d’esprit pour se remettre en question et apprendre de ses erreurs. La plupart des joueurs qui stagnent sont ceux qui justifient leur défaite par la chance de l’adversaire. La communication et l’entraide sont importants dans la préparation des tournois, mais pas directement dans le jeu. Être organisé est important également, j’ai mis plusieurs années à trouver le schéma de préparation de tournoi qui me convenait le mieux en termes de recherche de decks, d’entraînement, de gestion de la fatigue… ça c’est pour la partie “soft”. A côté, il ne faut pas oublier la partie maths avec les calculs de probabilités, tout comme on peut la jouer “au feeling” : à force de jouer des centaines de parties et d’accumuler de l’expérience, on assimile naturellement les outs, mais parfois c’est bien aussi de poser les calculs pour ne pas avoir de biais dans notre appréciation du jeu.

Est-ce que tu pratiques une activité culturelle autre à côté de cette passion du jeu vidéo ?

Je faisais beaucoup de musique avant de m’investir pleinement sur le jeu mais beaucoup moins maintenant… Dans mon école, je faisais partie d’une fanfare où j’allais jouer presque chaque semaine dans Toulouse et les villages alentours. Par contre, sans parler directement de culture, j’ai quand même développé un côté très créatif dans mon métier aujourd’hui. Que ce soit le stream, les vidéos, les miniatures YouTube, organiser des événements, préparer les décors… En bref je suis très épanoui avec tout ça !

Que penses-tu du fait de repérer les soft skills via les jeux vidéo ?

Pourquoi pas, ça peut permettre de repérer la personnalité d’un candidat, et mettre en avant des compétences notamment en matière de communication. Cependant il y a un risque d’alourdir encore plus les processus de recrutement qui sont parfois trop longs.

Quel était le point de vue de tes parents sur la question quand tu étais plus jeune ?

Je jouais régulièrement aux jeux vidéo quand j’étais petit, j’ai appris à lire en partie en jouant à Civilisation quand j’avais 4 ou 5 ans. Dans l’ensemble, mes parents me limitaient le temps d’utilisation sur l’ordinateur pour ne pas que j’en fasse trop, mais comme je réussissais bien en cours et que j’allais souvent en dehors ça n’a pas posé trop de problèmes.

Tu as des jeux en tête qui pourraient également apporter des compétences de soft skills ?

La plupart des jeux apportent un certain nombre de compétences, mais je dirai que les jeux en équipe sont bien pour développer la communication, et les jeux de stratégie pour réfléchir. N’importe quel jeu avec une approche compétitive permet de développer une certaine rigueur qui peut ensuite se révéler utile dans la vie de tous les jours.